Page blanche

Die (26), France đŸ‡«đŸ‡·Â 

Je m’en souviens comme si c’Ă©tait hier. Il fallait choisir l’orientation de mes Ă©tudes. J’avais Ă  peine 13 ans et il fallait dĂ©jĂ  que je dĂ©cide si je voulais aller dans la direction scientifique ou linguistique. 😅

Comment voulez-vous que je le sache ? Ça faisait Ă  peine 15 mois que j’Ă©tais au lycĂ©e et loin d’ĂȘtre une lumiĂšre ! Ça m’a plutĂŽt stressĂ© Ă  mort, car je n’Ă©tais bon ni dans les matiĂšres d’un cĂŽtĂ© ni de l’autre. Je n’arrivais pas Ă  apprendre quoi que ce soit par coeur et je ne savais pas du tout ce que je voulais faire de ma vie plus tard. 😒

C’est tout juste si je le sais aujourd’hui, presque 50 ans plus tard… Aujourd’hui je sais au moins que les Ă©tudes n’ont qu’une influence limitĂ©e dans l’avenir de quelqu’un. Si aujourd’hui je pouvais choisir Ă  nouveau, je prendrais les Ă©tudes les plus courtes et les plus amusantes. Quelle pression inutile est-ce que j’ai pu me mettre !!! đŸ€Ș

Pour arriver oĂč, en plus ? Je me le demande… Puis, Ă  13 ans presque tout Ă©tait encore possible. J’Ă©tais jeune, en bonne santĂ©, curieux, travailleur, volontaire et dotĂ© d’une certaine forme d’intelligence. Il me manquait seulement l’audace pour oser me positionner et exprimer mes envies et mes besoins. 😏

Je n’Ă©tais pas vraiment libre. Le besoin de ma mĂšre de me voir en sĂ©curitĂ© influençait Ă©normĂ©ment les choix et les Ă©vĂ©nements, ainsi que le rĂȘve qu’elle avait pour moi et ma vie. En tant qu’enfant d’une survivante de l’holocauste, j’Ă©tais sa bĂ©quille vivante. Sans le savoir, ma libertĂ© Ă©tait purement illusoire. đŸ€”

A mes 13 ans, le poids de l’Ă©ducation et de l’histoire Ă©tait dĂ©jĂ  bien prĂ©sent. Mes blessures Ă©taient dĂ©jĂ  formĂ©es et mes masques de protection bel et bien en place. Mon environnement social avait dĂ©jĂ  bien influencĂ© et limitĂ© ma maniĂšre d’ĂȘtre. Avec tout ça, une trajectoire vers mon avenir pouvait malgrĂ© les apparences dĂ©jĂ  se deviner. 🚀

Le seul moment oĂč tout Ă©tait encore vraiment possible, c’Ă©tait quand j’Ă©tais encore bĂ©bĂ©, en IsraĂ«l, avec des parents fraichement libĂ©rĂ©s et heureux dans un pays nouveau, sĂ©curisant et en construction. MĂȘme si avec mon regard de thĂ©rapeute je peux rĂ©trospectivement voir les prĂ©misses des futurs obstacles, rien n’Ă©tait encore figĂ©. Avec quelques bons choix et un peu de chance, ma vie pouvait aller dans n’importe quelle direction… đŸ’„

J’ai un peu la sensation d’avoir cette libertĂ© d’un bĂ©bĂ©… Une page blanche oĂč ma vie Ă  venir peut s’Ă©crire Ă  partir de tous les possibles. La diffĂ©rence est que le seul poids que je porte cette fois-ci sont mes outils… mes aptitudes, mon intelligence, mon expĂ©rience. Plus rien n’est lĂ  pour retenir mon Ă©lan vers la vie et mon dĂ©sir de vivre. 💹💹💹🎈  

Je suis quelque part mĂȘme plus libre qu’un bĂ©bĂ© car le poids de mon passĂ© a quasiment disparu. Le regard des autres sur moi m’importe peu et je suis persuadĂ© que tout, absolument tout est possible. Il n’y a plus rien qui me retient en arriĂšre… rien qui, comme avant, pouvait encore me tirer comme un Ă©lastique vers l’endroit que je cherchais Ă  quitter. 🏕

La page blanche est lĂ … Si j’ai envie d’Ă©crire dessus, c’est peut-ĂȘtre le moment… D’ailleurs, qu’est-ce que j’ai envie d’Ă©crire dessus ? Est-ce que j’ai envie d’Ă©crire quelque chose ? Car mĂȘme en ne prĂ©voyant rien, il semble que mon histoire s’Ă©crit tout en la vivant, sans prĂ©mĂ©ditation. Ça me plait… beaucoup mĂȘme. Peut-ĂȘtre que c’est ça la vraie libertĂ©, de vivre la vie d’instant en instant et se laisser porter par l’existence elle-mĂȘme ? 

Belle journĂ©e Ă  nous tous â€đŸ’›đŸ’šđŸ’™đŸ’œđŸ–€Â 

2 commentaires sur « Page blanche »

  1. Wahou !!!! Je crois que je comprends.

    Ma libertĂ© est lĂ  quand je sors de mes exigences, de mes injonctions face Ă  la vie : je La veux comme-ci ou comme-cĂ  et je me sens dans mon bon droit… Et aujourd’hui je vois Ă  quel point je m’enchainais Ă  vouloir, pour moi, pour mes proches, pour la vie. Je rĂ©alise que j’avais intĂ©grĂ© les injonctions, les craintes de mes parents… et je me les resservais toute seule ! Quelle autonomie!

    Sortir de cette « habitude » est une question de survie, et de confiance en moi aussi. Ma vigilance est rĂ©compensĂ©e quand je sens l’ouverture et le bon qui est lĂ  quand j’y arrive, de plus en plus.
    La vie est belle quand je lui laisse plus de place, SA place.

    Libre journée à toi Michael

    Aimé par 1 personne

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