Un bon petit soldat

Modi’in, Israël 🇮🇱 

La douleur dans ma jambe va et vient. Parfois, je ne sens rien du tout et je marche normalement, mais la plupart du temps je sens les ramifications de mes nerfs qui donnent des douleurs très pointues dans des endroits différents de mon outil de transport préféré.

Une Amie très chère qui a l’habitude de faire des soins à distance me soigne régulièrement. Récemment elle m’a dit ce qu’elle avait senti au cours du soin et ses mots continuent à résonner et raisonner dans ma tête. Pour moi c’est un signe qu’elle a certainement touché juste. 

Selon elle, il s’agit d’une forme de raideur qui demande à s’assouplir. Et j’avoue que ça me parle bien. Si je vais directement à la source de ce problème, j’atterris chez mon père défunt. Je pense que je cuve encore de la colère ou de l’indignation sous la surface de ma conscience vis-à-vis de lui. L’injustice d’avoir vécu ce qu’il m’a fait subir tout au long de ma vie de manière vraiment non-méritée, a formé chez moi la blessure d’Injustice… la source de toute rigidité ou raideur éventuelle chez moi.

Ça se confirme entre autres par les cartes que j’ai tirées ces derniers jours, un petit conflit avec un des gardes de sécurité vendredi passé, mon chef direct qui semble m’esquiver un peu, d’autres éléments du miroir… et bien évidemment par la douleur et raideur de ma jambe droite, celle qui représente le masculin, ma racine d’homme, celui qui est censée guider le reste de mon corps dans l’avancement et l’exploration du reste de ma vie ici-bas.

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Et je vois bien les manifestations différentes du « bon petit soldat » que je suis encore, celui qui cherche à se faire aimer de son papa en étant sage et obéissant. Malgré la liberté acquise, il semble y avoir des résidus, des réminiscences, ou une nouvelle profondeur dont je dois m’occuper. Il est clair que tout ça s’est réveillé car je me suis laisser volontairement absorber par la société dans une vie de moldu (cf. Harry Potter).

Ainsi, je marche beaucoup trop, fais tout pour être à l’heure, fais de mon mieux pour une bagatelle, me rase tous les jours, dis OUI à l’autre au lieu de le dire à moi-m’aime d’abord, et ne respecte ainsi certainement pas mes besoins fondamentaux… J’exagère peut-être aussi dans la manière de garder mes affaires rangées et propres et de prendre soin de mon corps. Je vis à nouveau certainement trop à travers le regard de l’autre. 

Peut-être même que mon métier du moment exprime où j’en suis. Oui, ça me plait de voir la facilité avec laquelle j’arrive à accueillir chacun, peu importe sa prédisposition… et de voir que rien ne me touche, que je suis vraiment ZEN. Je le sens comme le résultat visible de 45 ans d’ouvrage sur soi. Surtout qu’il y a depuis 2 semaines un nouveau Doorman, qui est un peu plus âgé que moi et qui semble avoir du mal à vivre cette simplicité.

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En même temps, même si je me sens au-dessus de tout ça, mon métier demande que je fasse des courbettes et des sourires à tout le monde toute la journée, que je m’habille dans une tenue peu valorisante et que je valide des valeurs qui datent selon moi de l’époque de l’esclavage et la domination des plus riches. Je me suis en quelque sorte projeté au plus bas de l’échelle sociale, comme une sorte d’oncle Tom blanc. 

Peut-être que je vis ces deux choses en même temps ? D’une part, la célébration de mon acquis… et d’autre part, le constat de la valeur que je me donne ! Et pourquoi pas ? C’est bien la Vie-même qui m’a mis sur ce poste. Ce n’est sûrement pas moi qui vais rompre ce mariage que le Divin a concocté pour moi. Je vais devoir traverser l’expérience…

Je pense que tout en faisant mon travail avec plaisir, je dois vérifier que je reste en même temps vraiment michael, euh pardon, MICHAEL. Je pense pour l’instant à des choses simples, comme, par exemple, la casquette qui me gène mais qui semble plaire au management de l’hôtel. C’est un peu normal, j’ai un corps et une tête parfaits pour un uniforme, depuis toujours.

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Hier, j’ai pris le train pour rentrer à la maison. En quittant une des gares, celle de l’aéroport, une valise est restée parterre. Israël étant un pays en alerte permanente, tout de suite quelqu’un a appelé le contrôleur. Alors que tout le monde se précipitait vers le wagon adjacent, je me suis surpris à rester assis à ma place, tranquillement, juste devant l’objet suspect. Aucune peur ne m’habitait. Je me sentais très présent et conscient. Je sais que si mon temps est arrivé, aucune esquive ne pourra l’éviter. Je n’ai aucune peur de mourir… alors, je n’ai certainement aucune raison d’avoir peur de vivre… ce que je suis… jusqu’au bout. 

En étant tout simplement le fou que je suis devenu, de manière mesurée peut-être quand même, je vais devoir affronter le regard de l’autorité hôtelière, donc paternelle… et prendre le risque de me faire renvoyer. C’est ainsi que je traverserai mon expérience. Ça se solderait par un licenciement, une promotion, une possibilité d’emploi ailleurs, le re-démarrage de l’accompagnement… ou tout simplement par l’acceptation d’un Doorman-fou… 

Une chose me semble sûre, et je mesure la signification de la combinaison de ces deux mots… je dois prendre soin de moi. Je dois cesser d’être le bon petit soldat de son papa et me donner droit à l’erreur, au retard et à l’imperfection… afin d’assouplir celui qui réclame que justice soit faite et que j’obtienne par l’effort ce que je mérite… Ce qui ne viendra bien évidemment jamais de l’extérieur… mais tout d’abord de l’Amour que je me porte à moi-m’aime avant tout !

∞💜∞

Une bonne excuse pour remettre cette vidéo… Quel swing… J’adoooore ! 

 

4 commentaires sur « Un bon petit soldat »

  1. Pour ma part, c’est la jambe gauche qui me fait souffrir depuis quelques temps, l’arrière du genoux pour être précis, donc à priori le côté féminin.
    Ce week-end, des choses se sont naturellement débloquées avec ma compagne qui jusqu’ici acceptait/tolérait mes états « dragon ».
    Ce week-end, à ma grande surprise, elle m’a carrément accompagné en fin de voyage.
    C’était hautement magique.
    À voir si cela va influer sur ma douleur.

    Tu dis ne pas craindre la mort.
    Moi c’est le contraire.
    Je me rends compte grâce à mes voyages, à quel point je crains la mort.
    Chaque voyage commence en effet par une confrontation à la mort.
    Je sais pourtant, je dis bien je sais et non je crois, qu’il existe autre chose au-delà de ce corps.
    Donc je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai si peur de la mort, mais j’en ai peur.

    Aimé par 1 personne

  2. bonjour Michael, pour ma part ce sont des douleurs suite a une opération de mon poumon gauche vendredi 7 février je viens d’en écrire un poème que je te partage ici : Namasté si tu acceptes mon commentaire si non aucun souci j’accepte d’autant plus facilement … pour moi aussi j’ai très peur de la mort !!!!

    Ah mon corps ! Ah mon cœur !
    Remplient de tant de douleurs
    Comment te calmer là ?
    Médicaments ou pas !!

    Je suis perdue. Trop tôt
    Me dis-tu d’un ton haut.
    Reprise de ton boulot !
    Je prends, donc mon stylo
    pour te décrire ces mots.

    Dans ma cage thoracique
    Plein de pensées toxiques
    Alimentent anxiété
    Donc repos imposé

    Je pose tout vos soutiens
    reçu de vos appels
    A mes demandes secours.
    Merci d’être là autour,

    Je ressens tous les liens
    L’énergie dans mes mains
    Qui me fait comprendre enfin
    Que l’amitié me tient.

    Merci d’être là soutien
    Et non, ce n’est pas rien
    De semer sur mon chemin
    Du Doux qui me fait du bien.

    Aimé par 1 personne

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